Dimanche 29 mars 2009
Le concept de Fraternité, prôné par Ségolène Royal, est bien plus consistant que ce que ses détracteurs ne le pensent. La Fraternité suppose une combatitivité, une exigeance, un dépassement de soi. C'est dans les moments extraordinaires (littéralement hors de l'ordinaire) que l'appartenance à l'espèce humaine prend toute sa dimension. On est frère. Non pas dans la béatitude, mais dans ce que nous avons en commun : l'Humain ; l’autre, le moi, mon alter ego. 
Elle prend le contre pied de l’individualisme ambiant de nos sociétés. C’est peut-être la raison pour laquelle les détracteurs de la Fraternité s’évertuent à la dénigrer de nos jours. Mais, c’est peut-être aussi la raison pour laquelle nous devons la réabiliter et en être fiers.

Le philosophe Régis Debray vient de publier un opus sur la Fraternité :
Le moment Fraternité
, Gallimard, collection Blanche, février 2009, 367 pages.
Il était l’invité du 7/10 de France Inter le 27 février 2009.

Résumé quatrième de couverture :
Liberté, égalité, fraternité : "Les trois marches du perron suprême'', disait Victor Hugo. Peut-on encore accéder à la marche d'en haut sans retomber dans la terreur ou bien dans la niaiserie ? Et comment, au royaume morcelé du moi je, retrouver le sens et la force du nous ? C'est ce défi, peut-être le plus crucial de notre temps, que Régis Debray s'emploie à relever dans ce livre.
Un nous durable faisant toujours référence à une sacralité, séculière ou révélée. Il se demande d'abord ce que sacré veut dire, concrètement ; et les droits de l'homme se donnant comme l'expression contemporaine de la solidarité humaine, il ose examiner ce que cette nouvelle religion civile nous fait faire, actuellement. Ce pénible devoir accompli, Régis Debray dégage les voies d'accès à une fraternité sans phrases, qui puissent en faire autre chose qu'un fumigène : un labeur de chaque jour. Dans la conviction que l'économie seule ne fera jamais une société.

Ecoutons Régis Debray au micro de
Nicolas Demorand sur la Fraternité.


Régis Debray - France Inter
envoyé par franceinter


Et ses Réponses aux questions des auditeurs.





Par Nexuses
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Samedi 21 mars 2009
Un nouveau réseau militant est né sur le Web : L'Espoir à gauche.  Le réseau compte, à ce jour, plus de 2000 membres. Différents groupes de discussions, réflexion existent où des idées s’échangent. Mais surtout, il s’agit, ensemble, de concevoir un projet de société alternative.

Il est ouvert à tous et pas seulement aux Socialistes. A tout ceux de gauche. Mais pas seulement non plus.  A tous les démocrates, républicains, citoyens. A tout homme, toute femme qui pense que l’exception française n’est pas à abattre, mais à porter très haut et en être fier.

L’exception française
- Ce sont nos valeurs républicaines.
- C’est notre système social qui nous donne 50 ans d’avance, et non pas de retard.
- C’est notre culture française qui s’exporte le plus dans le monde : nos films
- C’est notre ingénierie et industrie qui se porte le mieux parmi les puissants : nos avions, nos TGV, notre industrie de luxe.
- C’est notre tourisme qui ne se dément jamais,  Paris reste toujours top n°1 des capitales les plus visitées dans le monde.
- C’est notre patrimoine culturel et nos musées qui sont le plus connus dans le monde : la tour Eiffel, le Louvre, Versailles …

Alors aujourd’hui la question n’est pas, n’est plus ; je suis de droite, je suis de gauche.  Même si ce clivage reste pertinent pour certains.

Aujourd’hui, nous faisons tous face une société, un monde, qui se raidit, se durcit comme une barre de fer qui nous frappe de plein fouet dans les reins.

Notre gouvernement, n’a pas eu besoin de la crise pour servir les puissants et anéantir les faibles. La crise n’est qu’un alibi dans son processus. Un alibi qui tombe à pic et va pouvoir tout justifier.

Mais la crise ne lui est d’aucune utilité quand il s’agit de compromettre dangereusement  nos acquis, notre démocratie, notre culture ; la destruction systématique de notre système social, public, notre éducation nationale,  la main mise sur les médias, la réforme de nos institutions.

Un gouvernement qui défigure la France, qui détruit ses valeurs, ses fondements, pour le seul profit de son propre clan obsédé par ses dividendes. Ils se sont approprié la France et ils se la partagent.

Malgré la casse systématique, et l’épouvantail de la crise qu’ils nous agitent sous le nez, on peut encore croire qu’un autre type de société est possible. Une France, toujours fière de ses valeurs républicaines et de son exception.

Et si l'Espoir était à gauche ??  Allez-y, entrez





Par Nexuses
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Dimanche 8 mars 2009
    8 mars, journée de la femme, dit-on. Célébration ambiguë. Pourquoi le besoin de décréter une journée pour les femmes ? Les constitutions démocratiques – telle celle de la France – ne consacrent-elles pas l’égalité des citoyens, hommes et femmes ? Et pourtant, cette journée des femmes, vient tous les ans nous rappeler qu’il nous reste encore du chemin à faire.

La démocratie française a commencé avec la Révolution Française en 1789. Je retourne à la source, et je laisse le mot à Olympe de Gouges.
Elle avait réclamé l'émancipation des femmes avec la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne en 1791. Guillotinée en 1793 à Paris. Le lendemain de son exécution, Chaumette, alors procureur de la Commune de Paris, avait signé son éloge funèbre dans Le Moniteur. Il écrit :
 "Rappelez-vous l'impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes et abandonna les soins du ménage pour se mêler de la République et dont la tête est tombée sous le fer vengeur des lois...".

En ce 8 mars, déclaré journée de la femme, rappelons-nous l’impudente par sa déclaration des droits de la femme.


Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Par Olympe de Gouges



Préambule

Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la Nation, demandent d'être constituées en assemblée nationale. Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes moeurs, et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article 1

La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article 2

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme ; ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l'oppression.

Article 3

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme; nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article 4

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose: ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison..

Article 5

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société; tout ce qui n'est pas défendu par ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elles n'ordonnent pas.

Article 6

La loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement; ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous; toutes les citoyennes et les citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités ; et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7

Nulle femme n'est exceptée ; elle est accusée, arrêtée et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

Article 8

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Article 9

Toute femme étant déclarée coupable; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article 10

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales. La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

Article 11

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Article 12

La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être institué pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article 13

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

Article 14

Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes, ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l'admission d'un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l'administration publique, et de déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée de l'impôt.

Article 15

La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public de son administration.

Article 16

Toute société, dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n'a pas coopéré à la rédaction.

Article 17

Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés; elles sont pour chacun un droit inviolable et sacré; nul ne peut en être privé; comme vrai patrimoine de la nature, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.


____________________________

* Illustration : portrait d'Olympe de Gouges (1748 - 1793), auteure de la Déclaration.


Par Nexuses
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Samedi 7 mars 2009

La crise nous a éclaté à la figure comme un orage soudain en plein mois d’août.


Si, si. Et n’allez pas dire qu’il y avait des signes. L’année dernière, à la même heure, on croyait qu’on était en plein glorieuses. Et même Madame Lagarde l’avait affirmé devant les caméras : «y a pas de crise», et elle sait de quoi elle cause, elle est ministre du fric.

Mais  tout d’un coup, splash ! La crise ! Et même que c’est la pire depuis 1929 ! C’est Sarkozy qui le dit : «la crise la plus noire depuis 1929». En plus elle est mondiale. Maintenant tout le monde est paniqué.  Les Entreprises licencient leurs employés par paquet de 100, faut palier au choc, c’est un vrai tremblement de terre.

Reconnaissons quand même, qu’en France, on ne voit pas vraiment la différence. On est habitué aux valses des licenciements, des plans sociaux, des salaires compressés, des parcours du combattant pour trouver un job, quand on en trouve un. Ça fait 30 ans qu’on nous dit : «la conjoncture économique n’est pas favorable».

Qu’est ce que la crise change pour le commun des mortels ? j’ose dire rien.  Si ce n’est, qu’aujourd’hui, on peut enfin lui présenter le vrai coupable. On sait d’où il vient : de l’Amérique, on sait comment il s’appelle : La Crise. On ne peut pas encore l’arrêter, mais au moins, on l’a identifié.

Les «milieux autorisés» comme dirait Coluche, sont lavés de tout soupçon.  Les entreprises, déculpabilisées et décomplexées, donnent libre cours à ce qu'elles savent bien faire : gèle des salaires, licenciements, verrouillage, pression sur les salariés augmentée de quelques crans.
Le quidam, lui, maintenant peut mettre un nom sur la source de tous les maux de la planète et des siens : une crise mondiale du fric.

Qui a dit que le marxisme est mort ? La répartition du travail est réglée comme une horloge suisse : il y a ceux qui produisent la crise, qui s’en sortent bien, et même qu’on les aide. Et il y a ceux qui subissent la crise, qui ne s’en sortent pas, et même qu’on les aide même pas.

En somme, il n’y a rien de neuf. Le monde va comme il est.


 

Par Nexuses
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