La dernière fois c’était en 2002, le 21 avril à 20h, à la place du JT on nous a mis un film d’horreur sans nous prévenir : Le Pen au 2ème tour, en face de lui Chirac. Et ? Quoi c’est tout ? Zêtes sûrs ? Vous devriez recompter peut-être ? Si, ça se fait, regardez en Floride.
Ils nous ont dit non, c’est le 2ème tour des élections présidentielles, il n’y a que 2 candidats, et ce sont ceux là que vous avez choisis.
On a poussé des cris d’horreur, taper du pied, cogner dans les murs. Ils ont dit non, on ne recompte pas.
Alors on est tous sorti dans la rue, et tous ensemble on a crié NON ! On avait eu une idée géniale, on a fait un Front Républicain. On était très très nombreux, je nous ai pas comptés, mais au final on était 82%. C’est vous dire la trouille qu’on a eue. Mais vu le résultat monstrueux qu’on a obtenu, ça nous a requinqués, on s’est senti soulagés, la France ne laissera pas passé la peste brune.
Sauf que Chirac, peut-être déjà un peu Alzheimeré à l’époque, n’a pas très bien compris le truc. Il a pris notre vote pour argent comptant, tout pour lui. Il nous fait alors un virage à droite, sans ceinture de sécurité. Et depuis, on n’a pas arrêté de virer à droite, à droite, à droite, jusqu’à l’élection présidentielle de 2007 où, 53% d’entre nous, ont donné un dernier coup de volant. Et depuis, on est coincé, on roule au bord du précipice.
On avait complètement oublié le film d’horreur qu’on avait vu au soir du 21 avril 2002, par contre on s’est subitement rappelés de l’idée géniale qu’on avait eue alors, faire un Front Républicain, parce qu’il faut encore faire barrage à la peste brune !
Pourquoi en France avons nous décidé que le Front Républicain allait devenir une sorte d’ Olympiades qui reviendraient tous les 10 ans environ pour barrer la route à la peste brune ?
Qu’avons nous fait de cette trouille que nous avons eue un soir du 21 avril 2002 ?
Que sont devenus les 82% qui avaient dit NON ?
Nous ne sommes plus en Démocratie si à chaque élection nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés d’aller voter, et d’élire un candidat pour lequel on avait pas prévu de voter.
On parle de démocratie, d'un acte citoyen dont certains sont morts pour qu'on puisse l'exercer. Et on le voit aujourd'hui, dans le
monde, des gens mourir pour l'obtenir.
Mais, nous, nous jouons au poker avec cet acte parce que, jamais, jamais, nous n’avons dû nous battre pour l'avoir. Il nous a été servi
sur un plateau d'argent. Alors nous agissons comme des enfants pourris, gâtés, qui font leur petit caprice, et cassent leurs jouets.
Les peuples dans le monde arabe, qui sont en train de mourir pour cet acte, nous rappellent, que ce simple acte de mettre un bulletin
dans l'urne est inestimable ! Eux sont entrain de se faire massacre pour l’obtenir, pendant que nous, c'est l'acte même que nous sommes entrain de massacrer.

Derniers Commentaires