Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 15:20

La dernière fois c’était en 2002, le 21 avril à 20h, à la place du JT on nous a mis un film d’horreur sans nous prévenir : Le Pen au 2ème tour, en face de lui Chirac.  Et ?  Quoi c’est tout ?  Zêtes sûrs ?  Vous devriez recompter peut-être ? Si, ça se fait, regardez en Floride.


Ils nous ont dit non, c’est le 2ème tour des élections présidentielles, il n’y a que 2 candidats, et ce sont ceux là que vous avez choisis.


On a poussé des cris d’horreur, taper du pied, cogner dans les murs. Ils ont dit non, on ne recompte pas.


Alors on est tous sorti dans la rue,  et tous ensemble on a crié NON ! On avait eu une idée géniale, on a fait un Front Républicain. On était très très nombreux, je nous ai pas comptés, mais au final on était 82%.  C’est vous dire la trouille qu’on a eue.  Mais vu le résultat monstrueux qu’on a obtenu, ça nous a requinqués, on s’est senti soulagés, la France ne laissera pas passé la peste brune.


Sauf que Chirac, peut-être déjà un peu Alzheimeré à l’époque, n’a pas très bien compris le truc.  Il a pris notre vote pour argent comptant, tout pour lui. Il nous fait alors un virage à droite, sans ceinture de sécurité.  Et depuis, on n’a pas arrêté de virer à droite, à droite, à droite,  jusqu’à l’élection présidentielle de 2007 où, 53% d’entre nous, ont donné un dernier coup de volant.  Et depuis, on est coincé, on roule au bord du précipice.


On avait complètement oublié le film d’horreur qu’on avait vu au soir du 21 avril 2002, par contre on s’est subitement rappelés de l’idée géniale qu’on avait eue alors, faire un Front Républicain, parce qu’il faut encore faire barrage à la peste brune !


Pourquoi en France avons nous décidé que le Front Républicain allait devenir une sorte d’ Olympiades qui reviendraient tous les 10 ans environ pour barrer la route à la peste brune ?


Qu’avons nous fait de cette trouille que nous avons eue un soir du 21 avril 2002 ?


Que sont devenus les 82% qui avaient dit NON ?


Nous ne sommes plus en Démocratie si à chaque élection nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés d’aller voter, et d’élire un candidat pour lequel on avait pas prévu de voter.


On parle de démocratie, d'un acte citoyen dont certains sont morts pour qu'on puisse l'exercer. Et on le voit aujourd'hui, dans le monde, des gens mourir pour l'obtenir.

Mais, nous, nous jouons au poker avec cet acte parce que, jamais, jamais, nous n’avons dû nous battre pour l'avoir. Il nous a été servi sur un plateau d'argent. Alors nous agissons comme des enfants pourris, gâtés, qui font leur petit caprice, et cassent leurs jouets.

Les peuples dans le monde arabe, qui sont en train de mourir pour cet acte, nous rappellent, que ce simple acte de mettre un bulletin dans l'urne est inestimable ! Eux sont entrain de se faire massacre pour l’obtenir, pendant que nous, c'est l'acte même que nous sommes entrain de massacrer.

 

Par Nexuses
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 13:46
    8 mars, journée de la femme, dit-on. Célébration ambiguë. Pourquoi le besoin de décréter une journée pour les femmes ? Les constitutions démocratiques – telle celle de la France – ne consacrent-elles pas l’égalité des citoyens, hommes et femmes ? Et pourtant, cette journée des femmes, vient tous les ans nous rappeler qu’il nous reste encore du chemin à faire.

La démocratie française a commencé avec la Révolution Française en 1789. Je retourne à la source, et je laisse le mot à Olympe de Gouges.
Elle avait réclamé l'émancipation des femmes avec la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne en 1791. Guillotinée en 1793 à Paris. Le lendemain de son exécution, Chaumette, alors procureur de la Commune de Paris, avait signé son éloge funèbre dans Le Moniteur. Il écrit :
 "Rappelez-vous l'impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes et abandonna les soins du ménage pour se mêler de la République et dont la tête est tombée sous le fer vengeur des lois...".

En ce 8 mars, déclaré journée de la femme, rappelons-nous l’impudente par sa déclaration des droits de la femme.


Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Par Olympe de Gouges


Préambule

Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la Nation, demandent d'être constituées en assemblée nationale. Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes moeurs, et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article 1

La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article 2

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme ; ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l'oppression.

Article 3

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme; nul corps, nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Article 4

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose: ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison..

Article 5

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société; tout ce qui n'est pas défendu par ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elles n'ordonnent pas.

Article 6

La loi doit être l'expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement; ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous; toutes les citoyennes et les citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités ; et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7

Nulle femme n'est exceptée ; elle est accusée, arrêtée et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

Article 8

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Article 9

Toute femme étant déclarée coupable; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article 10

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales. La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

Article 11

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Article 12

La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être institué pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article 13

Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.

Article 14

Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes, ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l'admission d'un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l'administration publique, et de déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée de l'impôt.

Article 15

La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public de son administration.

Article 16

Toute société, dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n'a pas coopéré à la rédaction.

Article 17

Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés; elles sont pour chacun un droit inviolable et sacré; nul ne peut en être privé; comme vrai patrimoine de la nature, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.


____________________________

* Illustration : portrait d'Olympe de Gouges (1748 - 1793), auteure de la Déclaration.

Par Nexuses
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 12:23

La crise nous a éclaté à la figure comme un orage soudain en plein mois d’août.


Si, si. Et n’allez pas dire qu’il y avait des signes. L’année dernière, à la même heure, on croyait qu’on était en plein glorieuses. Et même Madame Lagarde l’avait affirmé devant les caméras : «y a pas de crise», et elle sait de quoi elle cause, elle est ministre du fric.

Mais  tout d’un coup, splash ! La crise ! Et même que c’est la pire depuis 1929 ! C’est Sarkozy qui le dit : «la crise la plus noire depuis 1929». En plus elle est mondiale. Maintenant tout le monde est paniqué.  Les Entreprises licencient leurs employés par paquet de 100, faut palier au choc, c’est un vrai tremblement de terre.

Reconnaissons quand même, qu’en France, on ne voit pas vraiment la différence. On est habitué aux valses des licenciements, des plans sociaux, des salaires compressés, des parcours du combattant pour trouver un job, quand on en trouve un. Ça fait 30 ans qu’on nous dit : «la conjoncture économique n’est pas favorable».

Qu’est ce que la crise change pour le commun des mortels ? j’ose dire rien.  Si ce n’est, qu’aujourd’hui, on peut enfin lui présenter le vrai coupable. On sait d’où il vient : de l’Amérique, on sait comment il s’appelle : La Crise. On ne peut pas encore l’arrêter, mais au moins, on l’a identifié.

Les «milieux autorisés» comme dirait Coluche, sont lavés de tout soupçon.  Les entreprises, déculpabilisées et décomplexées, donnent libre cours à ce qu'elles savent bien faire : gèle des salaires, licenciements, verrouillage, pression sur les salariés augmentée de quelques crans.
Le quidam, lui, maintenant peut mettre un nom sur la source de tous les maux de la planète et des siens : une crise mondiale du fric.

Qui a dit que le marxisme est mort ? La répartition du travail est réglée comme une horloge suisse : il y a ceux qui produisent la crise, qui s’en sortent bien, et même qu’on les aide. Et il y a ceux qui subissent la crise, qui ne s’en sortent pas, et même qu’on les aide même pas.

En somme, il n’y a rien de neuf. Le monde va comme il est.


 

Par Nexuses
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 20:37

Par Marie Lanvin, 3 février 2009


    On trouve sur www.elysee.fr le texte et la vidéo d’une grande partie des discours du Président de la République, j’y ai téléchargé hier l’allocution prononcée à Saint Lô (oui, vous savez,  là où les sifflets ont coûté leurs postes au préfet de la Manche  et au directeur départemental de la sécurité publique...) à destination des «personnels de l’Education». Il semble évident que l’origine du document (site de la Présidence de la République), comme la position, au sommet de l’Etat, de celui qui l’a prononcé, confèrent à ce texte une forte valeur officielle. Les enfants des écoles comme leurs maîtres, les observateurs du système éducatif en France et à l’étranger  devraient pouvoir y trouver matière à réflexion.

Or ce qui frappe aussitôt, c’est l’incroyable négligence présidant à la mise en ligne de ce qui ressemble plus à un brouillon qu’à un  discours de chef d’Etat. Dès la deuxième page on bute sur une magistrale  faute d’orthographe, associée à une syntaxe pour le moins relâchée: ... « Mais si la solution de plus d'argent était la bonne, mais alors pourquoi tous les ministres de l'Éducation précédents on (sic) échoué»...Plus loin une faute de frappe : «car en abaissant el (re-sic) niveau d’exigence on accroît les inégalités». Ailleurs, à une orthographe déficiente (ah les accords !),  est associé l’usage d’un néologisme : «Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il y a des enfants qui ont besoin d’être plus encadrés que les autres, parce qu’ils ont plus de difficulté, souvent d’ailleurs corolées avec les difficultés sociales de la famille».

 

Passons sur l’aspect «prudhommesque» de sentences, dont la plus emblématique est celle-ci: «Un pays de 60 millions d’habitants, qui recruterait ses élites parmi 10% de sa population serait l’équivalent d’un pays de 6 millions d’habitants»,  pour constater  que le style général du discours se verrait qualifié à tout le moins de « relâché » dans une copie de collège ; ainsi on peut lire : «Il y a eu des périodes plus faciles pour diriger un pays que la crise que nous connaissons aujourd’hui» et cela conduit parfois à des phrases carrément incompréhensibles, comme celle qui suit : «Toute la solidarité que nous devons à ceux de nos enfants qui doivent s'en sortir ne résoudra pas ce problème, on ne peut pas travailler à la place de celui de saisir la chance que la société lui donne».  Guère plus claire l’affirmation selon laquelle «En la matière, la gauche et la droite devraient faire preuve de beaucoup d’humilité sur le chantier de la réforme en matière d’éducation nationale parce que j’en vois beaucoup qui parlent et assez peu qui pourraient donner des leçons compte tenu de ce que fut la réalité à ce moment-là».

 

Mais ce qui a provoqué chez moi une inquiétude dont je ne suis pas remise, c’est la phrase suivante (son contenu, pas sa construction , pour le moins acrobatique pourtant, ni sa ponctuation, elle aussi problématique...)  qui me plongea dans des abîmes d’interrogations : «...S’il suffisait, pour répondre au malaise de ne rien faire ou donner davantage d’argent, mais c’est ce qu’ils ont fait tous, de gauche comme de droite, M. CHIRAC avec M. DEVAQUET, M. JOSPIN avec M. ALLEGRE, M. PERIGROUX( ?) n’a rien eu du tout, bien évidemment puisque, de son point de vue non plus, on ne peut pas dire qu’il ait annoncé ou mis de son côté le moindre projet de réforme... ».
Connaissant bien l’Education Nationale, pour y avoir occupé de nombreuses fonctions, je fus fort étonnée de découvrir un nouvel acteur du système éducatif, acteur dont j’ignorais tout.  Perigroux  pourtant, à lire le texte présidentiel (et à l’entendre car je m’en fus vérifier avec la version parlée et j’ai entendu le Président évoquer avec conviction l’échec patent du dit Périgroux), était à mettre sur le même plan que Messieurs Chirac et Jospin, premier ministre donc peut-être... Et je n’en savais rien ! Perigroux m’avait échappé ! 
Certes il n’avait annoncé aucun projet de réforme, certes il n’avait obtenu aucun résultat, mais quand même, comment pouvais-je ne pas connaître quelqu’un que le Président considérait comme si évidemment notoire ? 
Heureusement  Google existe et allait certainement renforcer ma honte en me déroulant le curriculum vitae de ce personnage important.  Curieusement, Google renvoyait uniquement ...Au discours de Saint Lô !  Yahoo appelé à la rescousse, ne trouvait pas mieux. Ne pouvant imaginer que Nicolas Sarkozy  en soit réduit à inventer des hommes politiques pour justifier ses propos,  je supplie les lecteurs de ce texte qui en sauraient plus de mettre fin à la question qui me taraude : mais qui est donc Périgroux ? En attendant que ce mystère soit résolu, mieux vaut éloigner les enfants du site de l’Elysée,  leur niveau scolaire s’en ressentirait.

mediapart.fr

Bravo Marie !



Par Nexuses - Publié dans : Politique
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